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sepp_vees_soldat_1934Sepp Vees vers 1934

Les Années de Guerre (1940-45)

Il épouse Berta Pfefferle en 1933 et le jeune couple s’installe sur les hauteurs du petit village de Flacht, à l’ouest de Stuttgart, au 24 de la «Friedenstrasse». Une maison qu’il finit de construire, aidé de quelques amis peintres. Il a pu la financer grâce à la vente de quelques toiles au bourgmestre de Stuttgart, amateur d'art.
Berta lui donnera quatre enfants : Brigitta, Barbara, Susse et Joachim.

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Cavalier en Russie (Orel) - Vers 1943

        

La montée du nationalisme en Allemagne est irréversible. Ce pacifiste convaincu est incorporé contre sa volonté dans la Wehrmacht et envoyé dans un premier temps à Paris en tant qu’interprète traducteur. Sepp Vees restera totalement opposé aux idées du régime de l’époque.  Il l’exprime ouvertement, dans des lettres adressées à son épouse restée à Stuttgart, ce qui lui vaudra d’être envoyé dans un camp disciplinaire en Russie, précisément à Orel, dans les Balkans.

Sepp Vees s’occupe de chevaux dans une écurie et soigne les blessés, avec d’autres codétenus. A cette époque, il réalise d’innombrables dessins et croquis dans un petit carnet qui ne le quitte jamais. Il réalise également quelques peintures à l’huile sur ce qu’il parvient à se procurer comme support : une planche, un bout de carton. De cette période mouvementée à Orel subsiste encore quelques unes des plus belles et poignantes réalisations de Sepp Vees que l’on peut, aujourd’hui encore, admirer au musée qui porte son nom à Flacht. Un admirable paysage d’un village sous la neige, témoignage de son exil forcé en Russie. Il réalisera plusieurs autres linographies du même sujet par la suite.

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Dessins que Sepp Vees adresse à ses enfants durant son séjour en Russie (vers 1943)

Il crée de petites histoires illustrées destinées à ses enfants restés au pays, sculpte des cuillères en bois et confectionne des marionnettes qu’il destine à chacun de ses enfants. Quelques permissions par an lui sont accordées pour retourner en Allemagne, auprès des siens…
Il s’intéresse au romancier et nouvelliste Tourgueniev, qui a vécu dans ces contrées froides et lointaines. Dans le camp, il est apprécié de tous et se lie d’amitié tant avec ses codétenus qu’avec les paysans locaux.


La débâcle de l’armée allemande sur le front russe devient une évidence. Dans des circonstances encore floues, sans doute aidé par ses camarades d’infortune, il prépare et organise tant bien que mal son retour au pays. Un long périple, fait d’incertitudes et de chemins de traverses. Il monte dans un wagon et finit par sauter du train en marche, au risque de sa vie. Plus loin, Sepp Vees se procure un cheval appartenant au cirque Sarrasani (basé à Berlin), monture qui va le mener jusqu’au bord de l’Elbe. Il traverse le fleuve sur une chambre à air, protégeant des flots, comme il le peut ses dessins et croquis.

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Sepp Vees en train de peindre en Russie, vers 1943 Dessin de cavaliers en Russie

 

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Dessin de Orel, en Russie (vers 1943)

 

C’est l’armée américaine qui le repêche sur l’autre rive, celle de la «liberté». Fait captif, Sepp Vees est envoyé en tant que prisonnier en Angleterre, où il sera un temps contraint de travailler dans une ferme.
A la surprise générale il retrouve enfin sa famille et la liberté. Nous sommes en 1946, et ses propres enfants ont du mal à reconnaître ce père que les plus jeunes découvrent pour la première fois….

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Jeune fille russe (Lithographie)

 

 

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